{"id":5038,"date":"2016-12-26T15:33:54","date_gmt":"2016-12-26T13:33:54","guid":{"rendered":"http:\/\/wildtravel.ro\/bird\/rale-d-eau-rallus-aquaticus\/"},"modified":"2023-01-10T13:35:10","modified_gmt":"2023-01-10T11:35:10","slug":"rale-d-eau-rallus-aquaticus","status":"publish","type":"bird","link":"https:\/\/wildtravel.ro\/fr\/bird\/rale-d-eau-rallus-aquaticus\/","title":{"rendered":"R\u00e2le d&rsquo;eau (Rallus aquaticus)"},"content":{"rendered":"<p>Le <strong>R\u00e2le d&rsquo;eau<\/strong> (<em><strong>Rallus aquaticus<\/strong><\/em>) est une esp\u00e8ce d&rsquo;oiseaux de la famille des rallid\u00e9s. L&rsquo;adulte mesure de 23 \u00e0 <span class=\"nowrap\">28\u00a0cm<\/span> de long et a, comme les autres r\u00e2les, un corps aplati lat\u00e9ralement lui permettant de se frayer plus facilement un chemin dans les roseli\u00e8res, son habitat pr\u00e9f\u00e9rentiel. Ses parties sup\u00e9rieures sont brunes et ses parties inf\u00e9rieures gris-bleu. Il a des rayures noires sur les flancs, de longs orteils, une courte queue et un long bec rouge\u00e2tre. Les jeunes sont similaires aux adultes, mais la partie gris-bleu du plumage de l&rsquo;adulte est chamois\u00e9e chez les jeunes. Les nouveau-n\u00e9s sont couverts d&rsquo;un duvet noir, comme chez tous les autres r\u00e2les.<\/p>\n<p>Le R\u00e2le d&rsquo;eau est omnivore, mais se nourrit principalement de petits animaux. Il se reproduit dans les roseli\u00e8res et autres zones mar\u00e9cageuses disposant d&rsquo;une v\u00e9g\u00e9tation haute et dense. Il y construit son nid, juste au-dessus du niveau de l&rsquo;eau, avec diverses plantes collect\u00e9es \u00e0 proximit\u00e9. Les \u0153ufs, de couleur \u00e9crue, sont principalement couv\u00e9s par la femelle et \u00e9closent apr\u00e8s 19 \u00e0 <span class=\"nowrap\">22\u00a0jours<\/span> d&rsquo;incubation. La femelle d\u00e9fend ses \u0153ufs en chassant les intrus ou m\u00eame parfois en d\u00e9pla\u00e7ant le nid. M\u00e2les et femelles sont des oiseaux territoriaux, qui peuvent se montrer agressifs tout au long de l&rsquo;ann\u00e9e. Les jeunes oiseaux sont matures \u00e0 un an, et les femelles peuvent d\u00e8s lors pondre deux fois par saison.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-13084 alignleft\" src=\"http:\/\/wildtravel.ro\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/xc-300x172.jpg\" alt=\"\" width=\"405\" height=\"232\" srcset=\"https:\/\/wildtravel.ro\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/xc-300x172.jpg 300w, https:\/\/wildtravel.ro\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/xc-1024x588.jpg 1024w, https:\/\/wildtravel.ro\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/xc-768x441.jpg 768w, https:\/\/wildtravel.ro\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/xc-1536x883.jpg 1536w, https:\/\/wildtravel.ro\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/xc-2048x1177.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 405px) 100vw, 405px\" \/><\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce vit dans les zones humides d&rsquo;Europe, d&rsquo;Asie et d&rsquo;Afrique du Nord. C&rsquo;est un oiseau migrateur dans le nord et l&rsquo;est de son aire de r\u00e9partition, mais on le rencontre toute l&rsquo;ann\u00e9e dans les zones \u00e0 climat plus temp\u00e9r\u00e9. Le R\u00e2le d&rsquo;eau compte trois sous-esp\u00e8ces reconnues, dont une est aujourd&rsquo;hui \u00e9teinte. Le R\u00e2le \u00e0 joues brunes a longtemps \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme une sous-esp\u00e8ce du R\u00e2le d&rsquo;eau, mais a d\u00e9sormais le statut d&rsquo;esp\u00e8ce \u00e0 part enti\u00e8re. Le R\u00e2le d&rsquo;eau est victime des inondations et du gel, de la perte de son habitat et de la pr\u00e9dation des mammif\u00e8res et des grands oiseaux. Le Vison d&rsquo;Am\u00e9rique, introduit en Europe, l&rsquo;a extermin\u00e9 sur certaines \u00eeles, mais l&rsquo;esp\u00e8ce a une aire de r\u00e9partition suffisamment vaste et une population assez nombreuse pour ne pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e en danger.<\/p>\n<p>L&rsquo;adulte est un oiseau de taille moyenne, mesurant de 23 \u00e0 <span class=\"nowrap\">28\u00a0cm<\/span> de long pour une envergure de 38 \u00e0 <span class=\"nowrap\">45\u00a0cm<\/span>. Les m\u00e2les p\u00e8sent g\u00e9n\u00e9ralement entre 88 et <span class=\"nowrap\">190\u00a0g<\/span> et les femelles, plus l\u00e9g\u00e8res, entre 74 et <span class=\"nowrap\">138\u00a0g<\/span>.<\/p>\n<p>Les parties sup\u00e9rieures de la t\u00eate \u00e0 la queue sont brun-olive avec des raies noires, notamment sur les \u00e9paules. Les c\u00f4t\u00e9s de la t\u00eate et les parties inf\u00e9rieures en dessous de la poitrine sont gris ardoise, \u00e0 l&rsquo;exception d&rsquo;une marque noire entre le bec et l&rsquo;\u0153il. La poitrine est brun\u00e2tre, les flancs sont barr\u00e9s de blanc et de noir et le dessous de la queue est blanc avec quelques raies noires. Le long bec et l&rsquo;<img decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-13099 alignright\" src=\"http:\/\/wildtravel.ro\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/y-300x192.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"192\" srcset=\"https:\/\/wildtravel.ro\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/y-300x192.jpg 300w, https:\/\/wildtravel.ro\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/y-1024x654.jpg 1024w, https:\/\/wildtravel.ro\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/y-768x490.jpg 768w, https:\/\/wildtravel.ro\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/y-1536x981.jpg 1536w, https:\/\/wildtravel.ro\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/y-2048x1307.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>iris sont rouges, et les pattes sont ros\u00e9es. Il n&rsquo;y a pas de dimorphisme sexuel tr\u00e8s marqu\u00e9: la femelle est l\u00e9g\u00e8rement plus petite et a un bec plus effil\u00e9, mais il est impossible de d\u00e9terminer le sexe avec exactitude par de simples mesures. Les m\u00e2les adultes ont des raies noires particuli\u00e8rement bien marqu\u00e9es sous la queue. Les individus adultes m\u00e2les et femelles sont facilement identifiables gr\u00e2ce \u00e0 ces marques, qui sont uniques et caract\u00e9ristiques de chaque individu. Certains ornithologues pensent que ces rayures noires sous la queue sont un compromis entre le blanc uni adopt\u00e9 par certains oiseaux gr\u00e9gaires vivant dans l&rsquo;eau pour se signaler \u00e0 leurs cong\u00e9n\u00e8res, comme la poule d&rsquo;eau, et la n\u00e9cessit\u00e9 de ne pas se faire remarquer trop facilement. Les jeunes ont une couronne noir\u00e2tre et leur gorge et leur menton sont blancs. Les parties inf\u00e9rieures sont chamois\u00e9es ou blanches avec des raies plus sombres, et les flancs sont marqu\u00e9s de brun et de chamois\u00e9. Le dessous de la queue est chamois\u00e9, et l&rsquo;\u0153il, le bec et les pattes sont d&rsquo;une couleur plus terne que chez l&rsquo;adulte. Les oisillons duveteux sont enti\u00e8rement noirs, \u00e0 l&rsquo;exception de leur bec principalement blanc. Apr\u00e8s la reproduction, le r\u00e2le mue, et ne peut donc plus voler durant environ trois semaines<\/p>\n<p>Le R\u00e2le d&rsquo;eau peut facilement se distinguer des autres r\u00e2les qui vivent dans les roseli\u00e8res gr\u00e2ce \u00e0 ses rayures blanches et noires sous la queue et son bec rouge, qui est l\u00e9g\u00e8rement plus long que le reste de la t\u00eate de l&rsquo;oiseau, et l\u00e9g\u00e8rement incurv\u00e9 vers le bas Le R\u00e2le \u00e0 joues brunes (<em>Rallus indicus<\/em>), qui vit de la Sib\u00e9rie au Japon et \u00e9tait autrefois consid\u00e9r\u00e9 comme consp\u00e9cifique du R\u00e2le d&rsquo;eau, est l\u00e9g\u00e8rement plus petit et diff\u00e8re \u00e9galement par ses parties sup\u00e9rieures plus claires, ses parties inf\u00e9rieures teint\u00e9es de brun et le trait brun passant sur l&rsquo;\u0153il. Le R\u00e2le stri\u00e9 (<em>Gallirallus striatus<\/em>), qui lui ressemble beaucoup, a un bec plus robuste, une couronne couleur noix et des points blancs sur ses parties sup\u00e9rieures. Les R\u00e2les d&rsquo;eau jeunes et les adultes ayant juste mu\u00e9 pr\u00e9sentent une teinte chamois\u00e9e sous la queue, comme la Marouette ponctu\u00e9e (<em>Porzana porzana<\/em>), esp\u00e8ce plus petite, mais le plumage de cette derni\u00e8re esp\u00e8ce est marqu\u00e9 de points blancs, et la marouette a un bec plus court et jaun\u00e2tre. D&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le R\u00e2le d&rsquo;eau se distingue des marouettes par son long bec rouge. La Marouette poussin (<em>P. parva<\/em>) et la Marouette de Baillon (<em>P. pusilla<\/em>) sont nettement plus petites et ont des sous-caudales plus fonc\u00e9es. L&rsquo;aire de r\u00e9partition du R\u00e2le d&rsquo;eau ne se recoupe pas avec celle des autres r\u00e2les du genre <em>Rallus<\/em>, et les individus erratiques qui s&rsquo;aventurent de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Atlantique peuvent se distinguer de leurs homologues am\u00e9ricains par l&rsquo;absence de coloration rousse ou noix sur les ailes. Le R\u00e2le bleu\u00e2tre (<em>Rallus caerulescens<\/em>), plus grand, a quant \u00e0 lui des parties sup\u00e9rieures non ray\u00e9es et des pattes d&rsquo;un rouge plus vif.<\/p>\n<p>Ce r\u00e2le est une esp\u00e8ce discr\u00e8te qui reste dissimul\u00e9e dans la v\u00e9g\u00e9tation le plus clair de son temps, rendant difficile son observation dans son habitat de pr\u00e9dilection. Il a un corps aplati lat\u00e9ralement qui lui permet de se faufiler dans une v\u00e9g\u00e9tation dense et il ne bouge plus lorsqu&rsquo;il est surpris hors de son abri herbac\u00e9. Il marche en levant haut les pattes, mais se tapit d\u00e8s qu&rsquo;il cherche \u00e0 s&rsquo;abriter. Il nage quand cela est n\u00e9cessaire, avec les mouvements saccad\u00e9s typiques des r\u00e2les, et vole sur de courtes distances, pas tr\u00e8s haut au-dessus des roseaux et en laissant pendre ses pattes Bien que son vol paraisse peu efficace, l&rsquo;oiseau peut parcourir de longues distances au cours de ses migrations nocturnes durant desquelles il est parfois victime de collisions avec des lampadaires ou des lignes \u00e9lectriques Des oiseaux bagu\u00e9s en Angleterre ont ainsi \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s jusqu&rsquo;en Pologne, en R\u00e9publique tch\u00e8que et en Su\u00e8de.<\/p>\n<p>Cette esp\u00e8ce est territoriale et d\u00e9fend l&rsquo;espace qu&rsquo;elle occupe pendant la p\u00e9riode de reproduction, mais \u00e9galement durant l&rsquo;hiver. Les oiseaux peuvent se battre, notamment en p\u00e9riode de reproduction, chargeant l&rsquo;intrus avec le cou dress\u00e9. Les deux membres d&rsquo;un couple peuvent parfois attaquer en m\u00eame temps pour prot\u00e9ger leur nid. Durant l&rsquo;hiver, les plus gros m\u00e2les dominent, mais les agressions sont moins courantes et les animaux cherchent plut\u00f4t \u00e0 intimider l&rsquo;intrus, en se tenant bien dress\u00e9s, en secouant la t\u00eate et en mena\u00e7ant avec leur bec.<\/p>\n<div class=\"noprint wikilien_alternatif\" style=\"clear: right; float: right; margin: 0 0 1em 1em; width: 175px; border: solid #AAAAAA 1px; background: #FFFFFF; padding: 0px; font-size: 90%; text-align: left;\">\n<table style=\"background-color: transparent;\" width=\"175\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"2\">\n<tbody>\n<tr valign=\"middle\">\n<td style=\"line-height: 40px; vertical-align: middle;\" align=\"center\" valign=\"middle\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/thumb\/d\/d8\/Spiza_americana_male_94_231051626_13e01e8125_o_cropped.png\/40px-Spiza_americana_male_94_231051626_13e01e8125_o_cropped.png\" alt=\"Dickcissel d'Am\u00e9rique m\u00e2le perch\u00e9 sur un poteau m\u00e9tallique, chantant cou tendu et bec ouvert.\" width=\"40\" height=\"61\" data-file-width=\"447\" data-file-height=\"679\" \/><\/td>\n<td valign=\"middle\"><center><strong>Chants et appels<\/strong><\/center><\/p>\n<hr \/>\n<p><center><center>\u00c9couter le R\u00e2le d&rsquo;eau<br \/>\nsur xeno-canto<small class=\"cachelinks\">\u00a0[archiv<\/small><\/center><\/center><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<p>Le R\u00e2le d&rsquo;eau est une esp\u00e8ce que l&rsquo;on peut entendre tout au long de l&rsquo;ann\u00e9e. Le cri consiste en une s\u00e9rie de grognements suivis d&rsquo;un couinement en <em>kru\u00eeh<\/em> rappelant celui d&rsquo;un porcelet, et se termine par de nouveaux grognements. Il est utilis\u00e9 comme cri d&rsquo;alerte ou pour pr\u00e9venir de sa pr\u00e9sence sur un territoire. On entend principalement ce chant \u00e0 l&rsquo;aube ou au cr\u00e9puscule. Les r\u00e2les indiquent \u00e9galement leur pr\u00e9sence par des s\u00e9ries de <em>ick ick ick<\/em> espac\u00e9s, des <em>pitt<\/em> ou des <em>tick<\/em>. Les membres d&rsquo;un couple peuvent \u00e9mettre ce couinement \u00e0 tour de r\u00f4le, le m\u00e2le ayant des notes plus basses et plus lentes que sa partenaire. Le chant utilis\u00e9 lors de la cour par les m\u00e2les comme les femelles est un <em>tjick tjick tjik tjuirrrr<\/em> qui finit souvent par un trille de la femelle. Le m\u00e2le peut chanter pendant des heures. Lorsqu&rsquo;il est en vol, il \u00e9met un sifflement aigu, et d&rsquo;autres sons comme un craquement r\u00e9p\u00e9t\u00e9 lorsqu&rsquo;il indique un emplacement pour le nid \u00e0 la femelle. Les deux parents \u00e9mettent un ronronnement quand ils sont au nid avec leurs petits. Les r\u00e2les chantent plus facilement quand ils sont bien install\u00e9s dans un territoire et au d\u00e9but de la saison de reproduction. La femelle appelle ses oisillons par un <em>douc-douc-douc<\/em>, tandis que ceux-ci r\u00e9pondent en gazouillant doucement au d\u00e9but, mais acqui\u00e8rent rapidement un cri de type <em>tick-tick-trik<\/em>.<\/p>\n<p>Quand les ornithologues diffusent le cri enregistr\u00e9 de la Rousserolle effarvatte (<em>Acrocephalus scirpaceus<\/em>) la nuit pour attirer des animaux de cette esp\u00e8ce, ils attirent \u00e9galement des R\u00e2les d&rsquo;eau et d&rsquo;autres oiseaux de zones humides, qui semblent reconna\u00eetre le cri de cette esp\u00e8ce et l&rsquo;associer \u00e0 la pr\u00e9sence d&rsquo;une zone humide o\u00f9 s&rsquo;installer.<\/p>\n<p>Le R\u00e2le d&rsquo;eau est omnivore, mais pr\u00e9f\u00e8re les proies animales. Celles-ci incluent des sangsues, des vers de terre, des gast\u00e9ropodes, de petits crustac\u00e9s, des araign\u00e9es, et une grande vari\u00e9t\u00e9 d&rsquo;insectes terrestres et aquatiques et leurs larves. De petits vert\u00e9br\u00e9s comme des amphibiens, des poissons, des oiseaux ou des mammif\u00e8res peuvent \u00eatre consomm\u00e9s occasionnellement. Les vert\u00e9br\u00e9s sont empal\u00e9s avec le bec de l&rsquo;animal qui brise ainsi la colonne vert\u00e9brale de sa proie. Il peut se nourrir \u00e9galement de cadavres d&rsquo;autres oiseaux. Le r\u00e2le consomme des v\u00e9g\u00e9taux en automne et en hiver principalement, et son r\u00e9gime inclut des bourgeons, des graines, des fleurs, des pousses de plantes aquatiques, des baies et des fruits. Les jeunes r\u00e2les sont principalement nourris d&rsquo;insectes et d&rsquo;araign\u00e9es.<\/p>\n<p>Le R\u00e2le d&rsquo;eau trouve sa nourriture au sol ou dans la boue, et il la rince alors dans l&rsquo;eau avant de la consommer. Apr\u00e8s une pluie, il lui arrive de sonder le sol \u00e0 la recherche de vers de terre. Il peut plonger la t\u00eate dans l&rsquo;eau jusqu&rsquo;au dos pour attraper sa proie. Il se nourrit dans des milieux plus ouverts quand le froid l&rsquo;y oblige, et Edmund Meade-Waldo a d\u00e9crit une fois sept r\u00e2les se nourrissant dans un pr\u00e9 En d\u00e9pit de sa nature discr\u00e8te, ce r\u00e2le peut facilement \u00eatre \u00e9lev\u00e9 en captivit\u00e9, o\u00f9 il est nourri de viande et de vers de terre. Un individu a m\u00eame \u00e9t\u00e9 dress\u00e9 \u00e0 sauter pour attraper des vers suspendus \u00e0 une canne \u00e0 p\u00eache<sup>.<\/sup><\/p>\n<p>Le R\u00e2le d&rsquo;eau suit des trajets bien d\u00e9finis lorsqu&rsquo;il est en qu\u00eate de nourriture, et revient fr\u00e9quemment dans les meilleurs coins de chasse. Opportuniste, il est capable de sauter pour attraper des insectes sur les plantes, de grimper pour trouver des baies ou de d\u00e9loger des pommes qu&rsquo;il pourra manger au sol. Il tue de petits oiseaux en les empalant ou en les noyant, notamment si ces derniers ont une capacit\u00e9 \u00e0 fuir limit\u00e9e. Ainsi on l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9 tuant un Verdier d&rsquo;Europe (<em>Chloris chloris<\/em>) et une Caille peinte (<em>Excalfactoria chinensis<\/em>) dans un parc ornithologique, ainsi que des petits oiseaux pi\u00e9g\u00e9s dans des filets. Il s&rsquo;attaque aussi aux nids d&rsquo;autres esp\u00e8ces nichant dans les roseaux comme la Rousserolle turdo\u00efde (<em>Acrocephalus arundinaceus<\/em>). Le R\u00e2le d&rsquo;eau peut d\u00e9fendre son territoire de chasse l&rsquo;hiver, bien qu&rsquo;il soit plus restreint qu&rsquo;en p\u00e9riode de reproduction, avec des animaux situ\u00e9s \u00e0 moins de <span class=\"nowrap\">10\u00a0m<\/span> les uns des autres, ce qui permet \u00e0 certains sites d&rsquo;accueillir des centaines d&rsquo;oiseaux. Son comportement agressif en dehors de la p\u00e9riode de reproduction peut le conduire \u00e0 attaquer d&rsquo;autres rallid\u00e9s comme la Marouette ponctu\u00e9e (<em>Porzana porzana<\/em>) ou la Marouette de Baillon (<em>P. pusilla<\/em>).<\/p>\n<p>Le R\u00e2le d&rsquo;eau est monogame et tr\u00e8s territorial durant la reproduction. Les couples se forment d\u00e8s l&rsquo;arriv\u00e9e des animaux sur le site de nidification, ou peut-\u00eatre m\u00eame avant la migration de printemps. Dans de grands mar\u00e9cages avec de bonnes conditions de vie, les oiseaux peuvent nicher entre 20 et <span class=\"nowrap\">50\u00a0m<\/span> les uns des autres. Les territoires sont de taille variable, mais ils font souvent autour de <span class=\"nowrap\">300\u00a0m<sup>2<\/sup><\/span>. Le couple fait sa parade nuptiale et \u00e9met des cris durant toute la saison de reproduction. Le m\u00e2le choisit l&#8217;emplacement du nid, qu&rsquo;il montre \u00e0 la femelle en se tenant \u00e0 cet endroit avec les plumes du dos dress\u00e9es, la queue d\u00e9ploy\u00e9e et le bec point\u00e9 verticalement vers le bas. Cette posture est accompagn\u00e9e d&rsquo;un puissant cri. Avant de s&rsquo;accoupler, il d\u00e9ploie ses ailes et sa queue, et touche sa poitrine avec son bec. Le m\u00e2le nourrit la femelle durant la parade nuptiale, et durant la p\u00e9riode d&rsquo;incubation\u00a0: elle quitte alors momentan\u00e9ment le nid pour aller s&rsquo;exposer devant lui, l&rsquo;appelant doucement, marchant autour de lui, frottant son bec contre lui et faisant de petites courses dans sa direction.<\/p>\n<p>Le nid est construit \u00e0 partir de la v\u00e9g\u00e9tation dont l&rsquo;oiseau dispose \u00e0 proximit\u00e9, et il est b\u00e2ti principalement par le m\u00e2le, g\u00e9n\u00e9ralement en un seul jour. Il est construit \u00e0 au moins <span class=\"nowrap\">15\u00a0cm<\/span> au-dessus du niveau de l&rsquo;eau, et peut parfois \u00eatre b\u00e2ti sur un amas de racines, une souche ou un support du m\u00eame type. Il peut \u00eatre construit plus haut si les eaux commencent \u00e0 monter. Le nid fait 13 \u00e0 <span class=\"nowrap\">16\u00a0cm<\/span> de diam\u00e8tre environ et <span class=\"nowrap\">7\u00a0cm<\/span> de haut. Il est bien cach\u00e9 et le r\u00e2le s&rsquo;en approche pr\u00e9cautionneusement via d&rsquo;\u00e9troites pistes.<\/p>\n<p>Une ponte comprend g\u00e9n\u00e9ralement entre 6 et 11 \u0153ufs, mais est plus r\u00e9duite au Cachemire, \u00e0 <span class=\"nowrap\">1\u00a0500\u00a0m<\/span> d&rsquo;altitude, avec seulement 5 \u00e0 8 \u0153ufs. Les dates de pontes varient suivant les r\u00e9gions, de fin mars dans l&rsquo;Ouest de l&rsquo;Europe et en Afrique du Nord \u00e0 fin mai dans le Cachemire et juin en Islande. La taille de la ponte est en moyenne l\u00e9g\u00e8rement plus petite en tout d\u00e9but de saison de reproduction, ou en fin de celle-ci. La saison de reproduction peut \u00eatre allong\u00e9e par le remplacement d&rsquo;une ponte perdue ou par une seconde ponte. Les \u0153ufs sont lisses, l\u00e9g\u00e8rement brillants et de forme ovale. Leur couleur varie du blanc au ros\u00e9, avec des taches brun-rouge\u00e2tre principalement situ\u00e9es dans la partie la plus large. Les petites taches peuvent parfois en former une seule grosse. La taille des \u0153ufs varie suivant les sous-esp\u00e8ces. Chez la sous-esp\u00e8ce type, leur taille moyenne est de <span class=\"nowrap\">36\u00a0mm<\/span> de long pour <span class=\"nowrap\">26\u00a0mm<\/span> de large. Ils p\u00e8sent environ <span class=\"nowrap\">13\u00a0g<\/span>, dont 7\u00a0% sont constitu\u00e9s par la coquille.<\/p>\n<p>Les deux parents couvent alternativement les \u0153ufs, bien que la femelle y consacre plus de temps que le m\u00e2le. Les \u0153ufs \u00e9closent apr\u00e8s 19 \u00e0 22 jours d&rsquo;incubation, avec une r\u00e9ussite d&rsquo;au moins 87\u00a0%, et les jeunes quittent le nid 20 \u00e0 30 jours plus tard. Tandis qu&rsquo;un des deux parents couve, le second part chercher de la nourriture et ravitaille son compagnon, puis les oisillons. Ceux-ci sont capables de rechercher leur nourriture par eux-m\u00eames apr\u00e8s seulement 5 jours. Apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 le nid, les jeunes se d\u00e9brouillent par eux-m\u00eames. Ils doivent attendre l&rsquo;\u00e2ge de 7 \u00e0 9 semaines pour \u00eatre capables de voler. Si un nid a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert par un pr\u00e9dateur, la femelle peut d\u00e9placer les oisillons ou les \u0153ufs \u00e0 un autre endroit. Les \u0153ufs sont alors transport\u00e9s dans son bec, et les jeunes oisillons peuvent \u00eatre transport\u00e9s sous les ailes de l&rsquo;adulte. Les oiseaux en train de couver restent sur le nid sans bouger m\u00eame s&rsquo;ils sont approch\u00e9s de pr\u00e8s, ou attaquent l&rsquo;intrus, voire feignent d&rsquo;\u00eatre bless\u00e9s pour le distraire Le R\u00e2le d&rsquo;eau peut se reproduire d\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;un an, et \u00e9l\u00e8ve g\u00e9n\u00e9ralement par la suite deux nich\u00e9es par saison.<\/p>\n<p>En moyenne, un R\u00e2le d&rsquo;eau ayant quitt\u00e9 le nid vit 17 \u00e0 20 mois, avec un pourcentage de survie qui ne d\u00e9passe pas 50 % durant ses trois premi\u00e8res ann\u00e9es de vie, et parfois sup\u00e9rieur par la suite. L&rsquo;\u00e2ge maximum jamais enregistr\u00e9 pour cet oiseau est de 8 ans et 10 mo<\/p>\n<p>Le R\u00e2le d&rsquo;eau se reproduit dans une vaste zone comprenant toute la partie temp\u00e9r\u00e9e de l&rsquo;Eurasie, depuis l&rsquo;Islande et les \u00eeles Britanniques jusqu&rsquo;\u00e0 la Sib\u00e9rie, la Cor\u00e9e, la Chine et le Nord du Japon. Il est ponctuellement pr\u00e9sent dans les habitats qui lui conviennent en Afrique du Nord, en Arabie saoudite et en Turquie. On conna\u00eet assez mal sa r\u00e9partition exacte en Asie, et elle pourrait \u00eatre plus \u00e9tendue que ce que l&rsquo;on pense aujourd&rsquo;hui. Cette esp\u00e8ce peut occasionnellement devenir erratique et s&rsquo;aventurer loin de son aire de r\u00e9partition, et on a retrouv\u00e9 des R\u00e2les d&rsquo;eau aux A\u00e7ores, \u00e0 Mad\u00e8re, en Mauritanie, dans l&rsquo;Arctique, au Groenland, en Malaisie et au Vi\u00eat Nam.<\/p>\n<p>La population islandaise du R\u00e2le d&rsquo;eau, <em>R. a. hibernans<\/em>, s&rsquo;est \u00e9teinte vers 1965, du fait de la disparition de son habitat \u00e0 la suite du drainage des zones humides, et de la pr\u00e9dation exerc\u00e9e par le Vison d&rsquo;Am\u00e9rique, une esp\u00e8ce introduite. Avant son extinction compl\u00e8te, quelques oiseaux persistaient tout au long de l&rsquo;ann\u00e9e sur l&rsquo;\u00eele, profitant des sources d&rsquo;eau chaude engendr\u00e9es par le fort volcanisme pour passer les mois d&rsquo;hiver\u00a0; d&rsquo;autres ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s dans les \u00eeles F\u00e9ro\u00e9, en Irlande, ainsi que de passage dans les H\u00e9brides, montrant qu&rsquo;il lui arrivait parfois de migrer.<\/p>\n<p>Le R\u00e2le d&rsquo;eau est un migrant occasionnel. Ainsi, la sous-esp\u00e8ce nominale, <em>R. a. aquaticus<\/em>, vit aujourd&rsquo;hui dans les parties au climat le plus doux de son aire de r\u00e9partition, mais il lui arrive de migrer vers le sud en cas d&rsquo;hiver trop rigoureux. Cette population hiverne ainsi sur son aire de reproduction, mais \u00e9galement en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et dans la r\u00e9gion de la mer Caspienne. La p\u00e9riode la plus adapt\u00e9e aux migrations se situe entre septembre et octobre, tandis que la plupart des oiseaux retournent dans leur aire de reproduction en mars et d\u00e9but avril. Un sp\u00e9cimen de la sous-esp\u00e8ce type collect\u00e9 par Richard Meinertzhagen dans le Baloutchistan, r\u00e9gion d&rsquo;Asie situ\u00e9e entre l&rsquo;Iran et l&rsquo;Afghanistan, est d&rsquo;origine douteuse. <em>R. a. korejewi<\/em> est un autre migrant occasionnel, une partie de la population hivernant en Irak et dans l&rsquo;Est de l&rsquo;Arabie saoudite et \u00e0 l&rsquo;est jusqu&rsquo;au Pakistan et au Nord de l&rsquo;Inde.<\/p>\n<p title=\"Arm\u00e9nie\">Il se reproduit dans des zones humides aux eaux stagnantes, avec une v\u00e9g\u00e9tation haute et dense, comprenant des esp\u00e8ces comme le roseau, les massettes, les iris, les rubaniers ou les carex. Le long des c\u00f4tes, le <em>Juncus maritimus<\/em> est courant dans les marais salants, et les carex et les rubaniers dominent dans les marais moins sal\u00e9s. Une \u00e9tude men\u00e9e aux Pays-Bas et en Espagne a montr\u00e9 que le <em>Juncus maritimus<\/em> offre un meilleur abri que les autres plantes maritimes. Le nid est b\u00e2ti \u00e0 partir des plantes dont l&rsquo;oiseau dispose. Lorsqu&rsquo;elle est pr\u00e9sente, la marisque offre un tr\u00e8s bon habitat pour la reproduction, du fait de sa grande taille et de sa forte densit\u00e9 elle abrite parfaitement le nid des r\u00e2les. L&rsquo;habitat qu&rsquo;ils affectionnent le plus est toutefois sans aucun doute la roseli\u00e8re de <em>Phragmites<\/em>, avec les plantes baignant dans une eau profonde de 5 \u00e0 <span class=\"nowrap\">30\u00a0cm<\/span>, des aires boueuses assurant un approvisionnement en nourriture et une bonne diversit\u00e9 d&rsquo;invert\u00e9br\u00e9s. S&rsquo;ils disposent de saules ou de buissons \u00e0 proximit\u00e9, ils sont d&rsquo;autant plus \u00e0 l&rsquo;aise que dans une vaste \u00e9tendue uniforme. En plus des marais d&rsquo;eau douce ou d&rsquo;eau sal\u00e9e, cet oiseau peut s&rsquo;installer dans des carri\u00e8res de gravier ou d&rsquo;argile, ou dans des tourbi\u00e8res, \u00e0 condition que le couvert v\u00e9g\u00e9tal soit suffisant. On peut le trouver dans des rizi\u00e8res ou sur des \u00eeles de v\u00e9g\u00e9tation flottant sur l&rsquo;eau, et on le rencontre au Cachemire dans des plantations de canne \u00e0 sucre inond\u00e9es. Bien qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une esp\u00e8ce de plaine, le R\u00e2le d&rsquo;eau peut vivre \u00e0 une altitude atteignant <span class=\"nowrap\">1\u00a0240\u00a0m<\/span> dans les Alpes et <span class=\"nowrap\">2\u00a0000\u00a0m<\/span> en Arm\u00e9nie.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude finlandaise a montr\u00e9 que le facteur qui influait le plus sur la distribution du R\u00e2le d&rsquo;eau \u00e9tait l&rsquo;existence de couvert v\u00e9g\u00e9tal haut et dense, ainsi que, dans une moindre mesure, la pr\u00e9sence de mar\u00e9cages. Toutefois, certains facteurs comme la temp\u00e9rature, les pr\u00e9cipitations, la longueur du rivage ou la pr\u00e9sence de tourbi\u00e8res, tr\u00e8s importants pour d&rsquo;autres oiseaux de marais, n&rsquo;influent pas directement sur le R\u00e2le d&rsquo;eau. Les zones pr\u00e9sentant la plus grande densit\u00e9 de R\u00e2les d&rsquo;eau en Finlande sont par ailleurs celles qui comptent le plus grand nombre de trois autres esp\u00e8ces consid\u00e9r\u00e9es comme menac\u00e9es\u00a0: la Rousserolle turdo\u00efde (<em>Acrocephalus arundinaceus<\/em>), le Butor \u00e9toil\u00e9 (<em>Botaurus stellaris<\/em>) et le Busard des roseaux (<em>Circus aeruginosus<\/em>). La limite septentrionale de son aire de reproduction semble d\u00e9termin\u00e9e par la transition entre les marais riches en nutriments et les eaux plus pauvres et plus acides, qui conviennent moins bien au roseau et laissent leur place \u00e0 des v\u00e9g\u00e9taux moins hauts comme la Potentille des marais (<em>Comarum palustre<\/em>), qui ne convient pas \u00e0 ce r\u00e2le. Une \u00e9tude italienne a montr\u00e9 que les oiseaux vivant dans les roseli\u00e8res avaient besoin d&rsquo;une surface minimum pour vivre, et que cette surface \u00e9tait d&rsquo;un hectare pour le R\u00e2le d&rsquo;eau.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il migre et durant l&rsquo;hiver, il peut utiliser une plus grande vari\u00e9t\u00e9 d&rsquo;habitats, comme des fourr\u00e9s inond\u00e9s ou des foug\u00e8res. Lorsqu&rsquo;il g\u00e8le, les oiseaux peuvent \u00eatre contraints \u00e0 choisir des habitats plus ouverts comme des foss\u00e9s, des jardins ou des d\u00e9charges, ou m\u00eame \u00e0 rester sur la glace. Une \u00e9tude galloise a conclu que les territoires hivernaux des animaux se chevauchaient parfois, chacun d&rsquo;entre eux utilisant une proportion importante de la roseli\u00e8re. Apr\u00e8s qu&rsquo;un site est d\u00e9sert\u00e9 pour cause de gel\u00e9e, les oiseaux reviennent \u00e0 leur zone d&rsquo;origine. Ainsi une densit\u00e9 de 14 oiseaux par hectare a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e. En Islande, les sources chaudes d&rsquo;origine g\u00e9othermique permettent aux r\u00e2les de passer l&rsquo;hiver. Ils peuvent rejoindre les ruisseaux par des tunnels sous la neige. Quand ils ne s&rsquo;alimentent pas, ils s&rsquo;abritent dans des trous et des crevasses form\u00e9s dans la lave solidifi\u00e9e.<\/p>\n<p>Les r\u00e2les forment une famille d&rsquo;oiseaux comprenant pr\u00e8s de 150 esp\u00e8ces. Bien que ce groupe soit d&rsquo;origine tr\u00e8s ancienne, une grande majorit\u00e9 des esp\u00e8ces et les formes les plus primitives se rencontrent dans l&rsquo;ancien monde, d&rsquo;o\u00f9 cette famille est vraisemblablement originaire. Toutefois, le genre <em>Rallus<\/em>, le groupe des esp\u00e8ces au long bec vivant dans les roseli\u00e8res auquel appartient le R\u00e2le d&rsquo;eau, semble s&rsquo;\u00eatre d\u00e9velopp\u00e9 dans le Nouveau Monde. Ces membres de l&rsquo;ancien monde que sont le R\u00e2le d&rsquo;eau, le R\u00e2le bleu\u00e2tre (<em>Rallus caerulescens<\/em>) et le R\u00e2le de Madagascar (<em>Rallus madagascariensis<\/em>) semblent avoir \u00e9volu\u00e9 \u00e0 partir d&rsquo;oiseaux ayant travers\u00e9 l&rsquo;Atlantique. La g\u00e9n\u00e9tique sugg\u00e8re que le R\u00e2le d&rsquo;eau est, au sein des <em>Rallus&rsquo;<\/em>, le plus apparent\u00e9 aux r\u00e2les <em>Gallirallus<\/em> du Pacifique et est \u00e0 la base de ce groupe.<\/p>\n<p>Le R\u00e2le d&rsquo;eau a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit pour la premi\u00e8re fois par Carl von Linn\u00e9 dans son ouvrage <em>Systema Naturae<\/em> en 1758, sous son nom scientifique actuel, <em>Rallus aquaticus<\/em>. Son nom scientifique signifie en latin \u00ab\u00a0R\u00e2le d&rsquo;eau\u00a0\u00bb, nom vernaculaire utilis\u00e9 pour d\u00e9signer l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Le plus vieux fossile connu de R\u00e2le d&rsquo;eau est constitu\u00e9 d&rsquo;os retrouv\u00e9s dans les Carpates et datant du Plioc\u00e8ne (il y a 5,3 \u00e0 <span class=\"nowrap\">1,8\u00a0million d&rsquo;ann\u00e9es<\/span>). \u00c0 la fin du Pl\u00e9istoc\u00e8ne, deux millions d&rsquo;ann\u00e9es plus tard, les traces fossilis\u00e9es sugg\u00e8rent que le R\u00e2le d&rsquo;eau \u00e9tait pr\u00e9sent dans une aire plus \u00e9tendue que celle qu&rsquo;il occupe aujourd&rsquo;hui. On a notamment retrouv\u00e9 une trentaine de fossiles de cette esp\u00e8ce en Bulgarie, et d&rsquo;autres \u00e0 travers le Sud de l&rsquo;Europe et en Chine. On a retrouv\u00e9 sur l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Ibiza les traces fossilis\u00e9es d&rsquo;une esp\u00e8ce de r\u00e2le aujourd&rsquo;hui disparue, <em>Rallus eivissensis<\/em>, qui \u00e9tait plus petit mais plus robuste que le R\u00e2le d&rsquo;eau, et avait probablement de moins bonnes aptitudes \u00e0 voler. Durant le quaternaire, l&rsquo;\u00eele ne pr\u00e9sentait pas de mammif\u00e8res terrestres, et cette esp\u00e8ce de r\u00e2le descendait vraisemblablement de son homologue continental, le R\u00e2le d&rsquo;eau. Il s&rsquo;\u00e9teignit \u00e0 peu pr\u00e8s au moment o\u00f9 l&rsquo;homme arriva sur l&rsquo;\u00eele, entre 16\u00a0700 et <span class=\"nowrap\">5\u00a0300\u00a0ans<\/span> <abbr class=\"abbr\" title=\"avant J\u00e9sus-Christ\">av.\u00a0J.-C.<\/abbr>. Le R\u00e2le d&rsquo;eau, lui, est actuellement un oiseau rare \u00e0 Ibiza<\/p>\n<p>On reconna\u00eet trois sous-esp\u00e8ces, dont une est aujourd&rsquo;hui \u00e9teinte, et qui se distinguent facilement les unes des autres :<\/p>\n<ul>\n<li title=\"Sib\u00e9rie\"><em>R. a. aquaticus<\/em> (Linnaeus, 1758). C&rsquo;est la sous-esp\u00e8ce type. On la trouve en Europe, en Afrique du Nord, en Turquie, dans l&rsquo;Ouest de l&rsquo;Asie jusqu&rsquo;\u00e0 la mer Caspienne et l&rsquo;Ouest du Kazakhstan, et dans une petite bande \u00e0 l&rsquo;Est de la Sib\u00e9rie ;<\/li>\n<li><em>R. a. hibernans<\/em> (Salomonsen, 1931). Cette sous-esp\u00e8ce, aujourd&rsquo;hui \u00e9teinte, vivait en Islande, elle avait des parties sup\u00e9rieures d&rsquo;un brun plus chaud que la sous-esp\u00e8ce type. Les barres sur les flancs \u00e9taient marron fonc\u00e9 et non noires, et le bec \u00e9tait un peu plus court. Le gris des parties inf\u00e9rieures pouvait prendre une teinte l\u00e9g\u00e8rement brune;<\/li>\n<li><em>R. a. korejewi<\/em> (Zarudny, 1905) (comprenant les formes <em>deserticolor<\/em>, <em>tsaidamensis<\/em> et <em>arjanicus<\/em>). Cette sous-esp\u00e8ce se reproduit dans le Sud de l&rsquo;Asie centrale, dans une zone allant du Sud et de l&rsquo;Est de l&rsquo;Iran \u00e0 l&rsquo;Ouest de la Chine. Elle est l\u00e9g\u00e8rement plus imposante que la sous-esp\u00e8ce type, avec des parties sup\u00e9rieures d&rsquo;un brun plus p\u00e2le. Elle a un l\u00e9ger trait blanc sur l&rsquo;\u0153il.<\/li>\n<\/ul>\n<p title=\"Japon\">Le R\u00e2le \u00e0 joues brunes (<em>R. indicus<\/em>, Blyth, 1849), a longtemps \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme une sous-esp\u00e8ce du R\u00e2le d&rsquo;eau. Cette esp\u00e8ce se reproduit dans le Nord de la Mongolie, l&rsquo;Est de la Sib\u00e9rie, le Nord-Est de la Chine, la Cor\u00e9e et le Nord du Japon. Elle a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e dans un premier temps comme une esp\u00e8ce \u00e0 part, comme dans la premi\u00e8re \u00e9dition de <em>Fauna of British India<\/em> parue en 1898, mais a ensuite \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9e au rang de sous-esp\u00e8ce par Edward Charles Stuart Baker dans la seconde \u00e9dition de 1929. Son statut est revu, et il est \u00e0 nouveau consid\u00e9r\u00e9 comme une esp\u00e8ce distincte, le \u00ab\u00a0R\u00e2le d&rsquo;eau oriental\u00a0\u00bb, <em>R.\u00a0indicus<\/em>, par Pamela Rasmussen dans son <em>Birds of South Asia<\/em> de 2005. Rasmussen, experte des oiseaux asiatiques, renomme \u00e9galement les formes occidentales du R\u00e2le d&rsquo;eau. Sa classification n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 suivie par la majorit\u00e9 des autres ornithologues, mais elle a \u00e9t\u00e9 reprise dans <em>Birds of Malaysia and Singapore<\/em> (2010). Une \u00e9tude de 2010 sur la phylog\u00e9nie des r\u00e2les \u00e0 partir d&rsquo;analyses mol\u00e9culaires a montr\u00e9 que <em>R.\u00a0a.\u00a0indicus<\/em> a diverg\u00e9 des autres formes de R\u00e2le d&rsquo;eau il y a environ <span class=\"nowrap\">534\u00a0000\u00a0ans<\/span>. Elle conclut \u00e9galement que les trois autres esp\u00e8ces forment un cline et qu&rsquo;elles peuvent \u00eatre toutes trois fondues dans <em>R.\u00a0a.\u00a0aquaticus<\/em>. Cette classification s&rsquo;impose petit \u00e0 petit chez les ornithologues. Le R\u00e2le \u00e0 joues brunes diff\u00e8re du R\u00e2le d&rsquo;eau par ses parties sup\u00e9rieures plus claires, ses parties inf\u00e9rieures teint\u00e9es de brun et le trait brun passant sur l&rsquo;\u0153il. Il a un dessus plus sombre que <em>R.\u00a0a.\u00a0korejewi<\/em>, une poitrine plus brune et un trait plus visible sur l&rsquo;\u0153il. Elle a un cri diff\u00e9rent de celui du R\u00e2le d&rsquo;eau, mais son comportement, son nid et ses \u0153ufs sont identiques \u00e0 ceux de cette esp\u00e8ce<\/p>\n<p>foto: Mihai Baciu<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le R\u00e2le d&rsquo;eau (Rallus aquaticus) est une esp\u00e8ce d&rsquo;oiseaux de la famille des rallid\u00e9s. L&rsquo;adulte mesure de 23 \u00e0 28\u00a0cm de long et a, comme les autres r\u00e2les, un corps aplati lat\u00e9ralement lui permettant de se frayer plus facilement un chemin dans les roseli\u00e8res, son habitat pr\u00e9f\u00e9rentiel. 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